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Ki moun nou t ap ye si…? Sou ensètitid, kontenjans ak moun nou vin ye a.

Nou pase lavi nou ap fè plan, pran desizyon epi konstwi yon imaj sou moun nou ye. Men konbyen nan moun sa a nou te vrèman chwazi? Yon seri rankont, evènman ak sikonstans nou pa t kontwole te patisipe nan fè nou vin moun nou ye a. E demen, lòt bagay nou poko konnen ka fè nou chanje ankò. Petèt pi gwo ensètitid lavi a se pa sèlman pa konnen sa k pral rive nou, men pa konnen ki moun n ap vin ye lè sa rive. ENTWODIKSYON   Gen yon moman nan lavi kote nou konn pran yon ti poz pou nou gade dèyè. Nou gade moun nou vin ye a, kote nou rive, moun ki bò kote nou, bagay nou kwè, bagay nou renmen, bagay nou pa renmen ankò, epi nou rakonte tèt nou istwa ki mennen jouk la. Nou di: « Se konsa mwen te grandi. Se sa ki te rive m. Se chwa sa yo mwen te fè. Se moun sa yo mwen te rankontre. » Tout bagay sanble gen plas pa yo nan istwa a. Epi, paske nou konnen istwa a depi nan kòmansman jouk kote nou ye a, nou ka fasilman gen enpresyon tankou se sèl istwa sa a ki te ka rive. Men, èske se vre? Imajine, po...
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Réponse à Lyonel Trouillot, « Des goûts, des couleurs… et des massacres »: Du racisme comme objet sociologique, non comme monnaie d'échange historique

  Lyonel Trouillot pose, dans sa dernière chronique, une question qui mérite d'être prise au sérieux : celle de la rationalisation affective qui accompagne les grandes compétitions sportives, et de la manière dont l'histoire coloniale s'invite, souvent maladroitement, dans les commentaires footballistiques. Sur ce point précis, il a raison, et il serait malhonnête de ne pas le reconnaître. Mais son texte, en voulant dénoncer un raccourci, en construit un autre, plus discret et, à certains égards, plus problématique. Car en opposant les « versions modernes des trois plus vastes empires coloniaux » à l'Argentine accusée de racisme, Trouillot ne réfute rien : il déplace la question. Et ce déplacement mérite d'être examiné pour lui-même, non pas au nom d'une défense de l'Argentine, nous n'avons ici aucune volonté d'établir un classement moral entre nations, mais au nom d'une exigence méthodologique que Trouillot lui-même revendique en ouverture d...

Qui suis-je lorsque j’ai peur de ne pas être aimé ?

  Par Eunice Lyncé Qui suis-je lorsque j’ai peur de ne pas être aimé ? C’est une question simple en apparence, mais dont les implications sont vertigineuses. Elle touche au cœur de notre humanité : ce besoin d’être aimé, non pas comme un luxe ou un agrément, mais comme une nécessité fondamentale, presque biologique. Le désir d’amour n’est pas un caprice. Il est inscrit en nous comme une donnée première, au même titre que le besoin de nourriture ou d’air. Et pourtant, c’est peut-être cette évidence même qui le rend si dangereux. Dès l’enfance, nous apprenons que l’amour est conditionnel. On nous enseigne, sans toujours le dire, qu’il faut être sage pour être accepté, obéissant pour être valorisé, discret pour être toléré. Le lien entre amour et conformité s’installe ainsi très tôt. Être aimé, c’est répondre à une attente. Et dès lors, une idée s’insinue : je ne mérite l’amour que si je corresponds. Cette équation, une fois intériorisée, devient le fondement d’une construction identi...

La souffrance amoureuse décryptée par la philosophie du langage

  Longtemps perçu comme une fatalité émotionnelle, l’amour est souvent associé à la souffrance, à la dépendance affective et à la perte de soi. Mais cette lecture, aussi répandue soit-elle, mérite d’être interrogée. En mobilisant la théorie des actes de langage de J.L. Austin, ce texte propose un renversement conceptuel : et si ce n’était pas l’amour en lui-même qui faisait souffrir, mais l’échec de sa performativité dans l’espace relationnel ? À travers une relecture des conditions de félicité des énoncés amoureux, il s’agit ici de déplacer le regard — de l’essence du sentiment vers les mécanismes concrets de son expression et de sa réception. Pendant longtemps, j’ai défendu une conception pessimiste de l’amour : celle d’un sentiment essentiellement souffrant. Aimer, pensais-je, c’était s’exposer à une asymétrie, à une vulnérabilité radicale, voire à une dépossession de soi. L’amour, dans cette perspective, n’était pas une expérience éthique ou existentielle féconde, mais un déséq...

Nous ne pouvons être amants, nous ne serons pas amis non plus

  Nous aurions pu être amants. Nous ne serons pas amis. Il existe une forme de cruauté plus subtile que le rejet : celle de la conversion. Transformer un amour en amitié est souvent présenté comme un acte de maturité, de sagesse émotionnelle, voire de noblesse. Mais dans les faits, il s’agit d’un travestissement. Une tentative de neutraliser l’irrationnel, d’adoucir une douleur vive en lui imposant les codes d’un lien socialement toléré. Or, aimer n’est pas une erreur qu’on répare par l’amitié ; c’est un vertige qu’on ne descend pas sans fracas. Dire « Nous ne serons pas amis », ce n’est pas déclarer la guerre. C’est refuser le mensonge. L’amour impossible ne se dissout pas dans la tendresse platonique ; il s’y fossilise, se répète, se réveille au détour d’un regard, d’un souvenir, d’un silence trop long. Ce qu’on aurait pu vivre ne disparaît pas — il hante. Et vouloir rester amis, dans ces conditions, c’est entretenir ce fantôme, lui dresser un autel invisible au cœur du quotidien...