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Je vous écris depuis le 21 ème siècle





 Je suis au 21ème siècle. En 2020 pour être plus précis. Je vous écris mes chers prédécesseurs de n'importe quel siècle que vous avez vécu pour vous donner les nouvelles de ce monde dans lequel j'ai eu l'honneur et le malheur de vivre. J’avais déjà écrit aux innocents du futur pour les supplier de ne pas venir, et maintenant c'est à votre tour. Que je vous dise comment vous devez être heureux de ne pas vivre dans le monde que je connaisse.

Je m'adresserai à Martin Luther King en premier lieu. Le rêve que vous avez eu cher pasteur, je suis navré de vous le dire, ne s'est malheureusement pas réalisé. Un noir a été président des states, mais la situation des noirs n'a toujours pas évolué. Aux states, ils tombent chaque jour sous les bals de la police et la justice ne se sent pas concernée. Le monde s'enflamme et la communauté noire se soulève à chaque injustice contre les noirs, mais hélas !

Je voudrais vous dire ce qu'on a fait de vos formules physiques messieurs, Einstein et Tesla. C’était de votre vivant Einstein qu'on avait fait la bombe A qui avait ravagé Hiroshima et Nagasaki dans la première guerre mondiale, ça en avait fait des dizaines de milliers de morts. Et aujourd’hui encore on continue d'utiliser vos formules pour réaliser de plus grandes armes pour faire la guerre. Et à Tesla les humanoïdes d'aujourd’hui sont plus sophistiqués que les vôtres et de vos brevets sans doute, on en construit chaque jour de nouveaux dans le dessein de remplacer les ouvriers et d'autres mains d'œuvre nécessaires. Alors vos recherches sont devenues la base des inégalités sociales et économiques.

À tous les pharaons noirs de l'histoire, j'ai vu des blancs réclamés votre patrimoine. Ils associent la construction de vos pyramides à des aliens. Les nez de vos obélisques érigés dans toute l’Égypte sont cassés pour effacer votre identité. Aujourd’hui le peuple noir si grand et si autonome que vous avez connu de votre temps migre en Europe en quête d’une vie meilleure. Et le savoir que vos prêtres ont inculqué au Grecs n'ont pas été reconnu par le monde. Et le titre de père de la philosophie que vous leur avez donnée est attribué à l'un des leurs qui n'a même rien écrit : Socrate. Quel paradoxe !

À Dessalines, Haïti est à nouveau asservie. Elle n'a même pas une armée. Les plus belle contrée du pays sont les propriétés des blancs. Même notre éducation est confiée aux Français. Il n'y a pas d'empereur, mais un président élu pour cinq ans. En fait il est placé grâce à une démocratie qui est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. Une démocratie, vous vous souvenez sans doute, qu'on revendiquait en France à partir de 1789. Mais ici en Haïti et en Afrique les chefs d’État sont placés et maintenus au pouvoir par les blancs. À votre mort j'ai appris que Jean Pierre Broyé a payé l'indemnité de 150 milles francs or à la France. Vous souvenez vous qu'une gourde valait trente-neuf dollars américains à votre époque ? Et bien aujourd’hui il nous en faut plus de 100 gourdes pour avoir un dollar américain.

Le monde a fait de grand progrès techniques qui vous étonneraient. De chez moi en Haïti, je peux parler à des amis jusqu'en France au moyen d'un appareil que nous appelons téléphone et d'un outil important que nous nommons internet. La lune qui brillait sur votre tête, l'homme a réussi à marché sur elle. On peut voir des hommes noirs occupés de grandes fonctions politiques dans des sociétés blanches. Mais hélas ! Je ne crois pas que vous aimeriez vivre au 21ème siècle, car c'est le siècle de l'hypocrisie. La traite négrière n'est plus, mais Haïti, l'Afrique reste colonisées. Les colons ne sont pas physiques, ils parlent même de notre bien-être (Comme le code noir qui devait protéger les esclaves). Tout ce qui pouvait vous choquer hier est admissible aujourd’hui. Martin Luther, j'ai vu des prêtres mariés des gens de même sexe.

Mais que pouvez-vous entendre morts ? J’espère que les vivants comprendront que cette lettre leur est adressée, vu que les morts ne puissent pas entendre et voir comment le monde court à sa perte.

Auteur : Hérard Jocelyn Godson.


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