Accéder au contenu principal

Les territoires sans nom

 


Pourquoi l'homme, dans sa quête incessante de rationalisation, ressent-il ce besoin impérieux de nommer, de catégoriser, de réduire l'indicible à des concepts étroits ? Ne serait-il point plus sublime de s'abandonner à la pure sensation, de laisser vibrer l'instant dans toute sa plénitude organique, sans chercher à l'enfermer dans les geôles restrictives du langage ?


Ce matin encore, elle m'a signifié avec une netteté qui trahissait son trouble intérieur qu'elle ne saurait être qualifiée d'être ma "copine", comme si ce vocable dérisoire pouvait circonscrire la complexité de notre connexion. Je perçois, derrière cette négation véhémente, le mensonge qu'elle se murmure à elle-même, tentative désespérée de maintenir des frontières là où les âmes ont déjà aboli toute démarcation.


Jamais je n'ai tenté d'apposer un sceau, un titre, une définition sur ce qui nous lie. Ma posture était celle de l'acceptation pure : ressentir sans nommer, vibrer sans catégoriser. Chaque moment était un territoire vierge, un espace de sensation libre, où les conventions sociales n'avaient point leur empire.


Mais voici que maintenant, ce besoin de nommer s'immisce, tel un ver dans le fruit de notre connexion. Ces mots qu'elle profère, ces lignes de démarcation qu'elle trace, sont-ils autre chose qu'une tentative dérisoire de maîtriser l'incontrôlable ? De contenir l'océan dans un verre ? Notre relation échappe aux nomenclatures, aux définitions administratives. Elle est flux, mouvement, respiration partagée.


Je pressens que bientôt, et surtout parce que je l'aime trop, nous devrons affronter cette nécessité prosaïque de nommer ce qui ne devrait point l'être. Mais pour l'heure, je demeure dans l'interstice, ce lieu suspendu où les sentiments se jouent des étiquettes, où l'essence pulvérise les formes.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Qui suis-je lorsque j’ai peur de ne pas être aimé ?

  Par Eunice Lyncé Qui suis-je lorsque j’ai peur de ne pas être aimé ? C’est une question simple en apparence, mais dont les implications sont vertigineuses. Elle touche au cœur de notre humanité : ce besoin d’être aimé, non pas comme un luxe ou un agrément, mais comme une nécessité fondamentale, presque biologique. Le désir d’amour n’est pas un caprice. Il est inscrit en nous comme une donnée première, au même titre que le besoin de nourriture ou d’air. Et pourtant, c’est peut-être cette évidence même qui le rend si dangereux. Dès l’enfance, nous apprenons que l’amour est conditionnel. On nous enseigne, sans toujours le dire, qu’il faut être sage pour être accepté, obéissant pour être valorisé, discret pour être toléré. Le lien entre amour et conformité s’installe ainsi très tôt. Être aimé, c’est répondre à une attente. Et dès lors, une idée s’insinue : je ne mérite l’amour que si je corresponds. Cette équation, une fois intériorisée, devient le fondement d’une construction identi...

Le verlan, un phénomène linguistique qui devrait être plus ancré dans la poésie dite classique !

L’argot qui est un jargon ou sociolecte ; vocabulaire (et parfois autres traits de langage) utilisé au sein d'une profession ou bien d'un milieu ou classe sociale particulière ; ou un langage populaire, non académique est utilisé dans toutes les langues. Un argot peut être un langage codé limité à une petite société, un groupe de malfaiteurs, un groupe de professionnels… une région et parfois même un pays tout entier. En France il existe un type d'argot connu par presque tout les français : le verlan ! Le verlan, c'est quoi ? C'est un argot français consistant à inverser les syllabes ou les sons d’un mot, avec restauration phonétique et graphique des « e » disparus, accompagnée de changement de timbre de ces « e ». Donc le verlan est un langage très simple en ce qui à rapport à former les mots juste en inversant les syllabes. Exemple :  Une femme → fa + me → me+f • verlan = une meuf  Laisse tomber → ton + bé → bé+ton • verlan = laisse béton  ...

Tous hypocrites !?

  Par Eunice LYNCÉE Hypocrisie  Ce mot, beaucoup trop utilisé de nos jours, sert souvent à faire référence au mauvais côté d’une personne . L’hypocrisie  est en effet définie comme le fait d’avoir une attitude qui permet de faire semblant tout en essayant de cacher ses vrais sentiments; une attitude, considérée comme mauvaise, qui peut aider les gens à duper les autres facilement. Souvent mis dans le même panier que l’égoïsme et la traîtrise, il ne faut surtout pas nier que, l’hypocrisie peut partir d’une bonne intention.  Mais aujourd’hui, il n’est pas facile de repérer cette facette chez les gens, parce que nous vivons dans un monde où la plus part des gens sont hypocrites et savent très bien le cacher peu importe ce qu’ils font. Mais finalement, ne sommes-nous pas tous hypocrites ? Évidemment nous le sommes tous. Et parfois sans que  nous nous en rendions compte, nous subissons une sorte d’entraînement afin de le devenir parce que chacun de nous à ce part d’o...