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Le bonheur d'après ce que l'on pense

 



Le bonheur est un sujet qui m’intrigue. Platon y voyait une quête et que seul à la fin de notre vie, on peut dire si on a été heureux ou pas. Schopenhauer lui le voyait dans l’instant. L’instant où l’on reçoit un idéal convoité. Moi je n’y vois qu’un état d’esprit. Je dis que le bonheur est un état d’esprit c’est parce que une même chose, dans des situations différentes (qui influencent notre perception), peut provoquer le bonheur ou le contraire. Si ce contraire est appelé par beaucoup malheur ou tristesse, moi je l’appelle douleur.

Pour illustrer cette conception du bonheur, nous pouvons utiliser le sexe. Je dispensais, ce juillet, un cour sur les schémas actantiel et narratif pour des futurs étudiants. L’histoire que nous analysions avait une scène de viol. La protagoniste était violée plusieurs fois par jours dans les péripéties. Une fille a trouvé dégoûtante que j’aie écrit une telle histoire. Je lui ai répondu, pour rigoler, que le viol ce n’est que du sexe et que le sexe ne peut produire que du bonheur. Ce qu’elle m’a répondu m’a fait réfléchir et à chercher à quel point le bonheur n’est qu’un état d’esprit. Elle m’a dit que oui le sexe produit le bonheur mais c’est quand on est consentant. Autrement c’est dégoûtant. Dans un premier cas le sexe produit le bonheur alors que dans un second cas, c'est carrément le contraire. 

Notre vision du monde est modelé par notre éducation et le cumul de nos expériences. C’est pourquoi dans le même exemple du sexe, si le viol occasionne de la douleur chez la violée, chez le violeur il procure un plaisir intense. Deux personnes regardent une même chose selon un point de vue différent, l’un y voit un mal, l’autre du bonheur. 

Oui ! Le bonheur peut exister mais cela dépend de la situation et du point de vue qu’a la personne qui regarde. Un chrétien zélé et fidèle va être triste après une relation sexuelle avec quelqu’un qui n’est pas sa conjointe, car il sera convaincu qu’il a commis un péché. Cette situation qui devrait normalement déclencher chez lui l’hormone du bonheur et lui procurer de la joie et de la paix va en fait, lui procurer de l’anxiété.


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